24 juin 2010
Pauline Scherrer, architecte diplômée de l’Insa de Strasbourg en octobre 2009, a remporté cette année le premier prix de la mutuelle des architectes français (MAF) au concours du meilleur diplôme de l'Académie d'architecture.
La remise des prix aura lieu à Paris lors de la séance annuelle de distribution des récompenses de l'Académie, le 24 juin. Ce concours est ouvert aux meilleurs diplômés de France, dont Pauline fait partie, puisqu’elle est sortie major du département architecture de l’Insa de Strasbourg.
Ce concours porte sur l'évaluation du projet de fin d’études et s'attache à la qualité de l'expression architecturale du projet, à son insertion dans le site environnant, ainsi qu'à une bonne adéquation du système constructif au parti architectural. Il se déroule en deux phases : une présélection sur dossier, suivie d'une présentation devant un jury d'architectes et d'ingénieurs. J'ai présenté les mêmes supports que lors de la soutenance de diplôme à l'Insa –
planches A0, maquettes, mémoire d'études, carnets de croquis, ... – complétés par un ensemble de documents techniques. Mon projet, « Un nouvel Institut Jaques-Dalcroze à Genève », est né de ma rencontre avec une pédagogie musicale originale où la musique s'apprend à travers le mouvement corporel. Afin que le jury puisse mieux cerner ce contexte programmatique particulier, j'ai introduit mon discours par un interlude rythmique sur quelques notes de xylophone.
Le choix de Genève s'imposait puisque la ville est le berceau de la méthode Dalcroze. L'Institut s'inscrit au cœur d'un projet urbain majeur et la simplicité de sa volumétrie générale s'accorde avec le tracé rigoureux du plan directeur du site. Depuis l'extérieur, de grandes parois vitrées laissent apparaître l'articulation des espaces communs de l'Institut, tandis qu'une résille enveloppe les espaces d'enseignement dans une sorte d'abstraction. Cet extérieur est e
ntièrement façonné par la mise en forme intérieure de l'Institut. Les espaces se développent avec une grande liberté, à l'image de la créativité dalcrozienne, et créent ce qui manque le plus à l'actuel Institut genevois : une notion d'ensemble, de « tout ».
C'est une formation dense qui aborde l'architecture sous de nombreux angles car il n'existe pas de recette toute faite dans le domaine. Chaque projet est singulier. La pédagogie accorde
une large place au travail en groupe et aux interactions entre les différents acteurs – étudiants et formateurs. Cette multiplicité d'échanges m'a souvent placée dans des situations de questionnement, de doute, tout en me permettant d'avancer dans la réflexion architecturale. Les voyages et les séjours d'études à l'étranger participent également à cette ouverture d'esprit.
Et puis, il y a les fameuses « charrettes » de septembre où le futur diplômé réunit une équipe de quatre ou cinq étudiants, toutes promotions confondues, pour finaliser son projet de diplôme. Là, on partage tout : les idées, le stress, les galères ! Ce sont des moments intenses qui forgent l'esprit d'équipe et créent des liens.
Je travaille actuellement au sein de l’agence nunc architectes à Paris et prépare l'habilitation à exercer la maîtrise d'oeuvre en mon nom propre (HMONP). En ce moment, nous travaillons sur un projet de 100 logements et d'une crèche à Paris.
L'architecture est un métier passionnant, mais qui exige du temps, de la patience et de la persévérance. A côté de cela, je retourne volontiers à des passions mises en veille durant ma dernière année d'études : le piano, le dessin et la création plastique.
Voir des fragments de la soutenance de Pauline Scherrer
Contacts :
Les trois lauréats des prix du meilleur diplôme, sur le site de l'Académie d'architecture